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La Cour de Cassation a, par un arrêt du 14 avril 2016, estimé que le juge judiciaire est compétent pour se prononcer sur la conformité de travaux à un permis de construire à l’occasion d’une action en démolition d’immeuble.

 

Dans les faits, des époux avaient fait édifier une maison. Le Maire de la commune sur le territoire duquel l’édification se situait a, par arrêté, mis en demeure les particuliers de cesser les travaux de construction de la maison pour leur non-conformité aux règles d’alignement prescrites par le plan local d’urbanisme. Un recours introduit à l’encontre de l’arrêté a été rejeté par un tribunal administratif.

 

Les voisins ont saisi le juge judiciaire pour voir ordonnée la démolition partielle de la construction.

 

La cour d’appel, saisie du litige, a, pour rejeter la demande, déduit de deux rapports d’un expert amiable et d’un expert judiciaire que la construction était conforme au permis de construire.

 

Un pourvoi a été formé à l’encontre de cet arrêt, aux motifs que la cour d’appel n’aurait pas donné suite au jugement par lequel le tribunal administratif, confirmant la régularité de l’arrêté municipal de mise en demeure de cesser les travaux, aurait estimé que ces derniers n’étaient pas conformes au permis de construire.

 

La Cour de Cassation a considéré qu’un juge judiciaire, saisi d’une action en démolition d’un immeuble dont la construction a fait l’objet d’un permis n’ayant pas été annulé pour excès de pouvoir doit, lorsque l’action est fondée sur la méconnaissance des règles d’urbanisme ou des servitudes d’utilité publique, apprécier la conformité des travaux réalisés au permis de construire. Elle en conclut que la cour d’appel a, à raison, déduit des rapports d’experts que l’édification était conforme au permis de construire et, par suite, rejette le pourvoi.

 

Cass. Civ. 1ère, 14 avril 2016, n° 15-13194, à paraître au Bulletin

 

Flash info rédigé par Alice ALTUN, élève avocat, en collaboration avec Barbara RIVOIRE, avocat associé, mis en ligne le 26 avril 2016