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Les nuisances sonores causées aux riverains d’une salle des fêtes peuvent rendre l’ouvrage impropre à sa destination.

En effet, dans un arrêt n° 346757 du 9 mai 2012, publié au Recueil Lebon, le Conseil d’Etat a jugé que la responsabilité décennale des constructeurs est susceptible d’être recherchée dès lors que les nuisances sonores causées aux tiers d’une salle des fêtes municipales peuvent avoir pour conséquence d’empêcher le fonctionnement normal de l’ouvrage et, ainsi, de le rendre impropre à sa destination.

La Commune de Prouvy a réalisé des travaux de réaménagement et d’extension de sa salle des fêtes. Postérieurement à la levée des réserves émises lors de la réception de l’ouvrage, la Commune a recherché la responsabilité décennale des constructeurs en raison des nuisances sonores causées aux riverains de la salle des fêtes par son fonctionnement.

La Cour d’appel de Douai, après avoir relevé que l’utilisation de la salle des fêtes s’accompagnait de nuisances sonores importantes pour les occupants des habitations voisines, a rejeté la demande indemnitaire présentée par la Commune, au titre de la garantie décennale, au motif que de telles nuisances n’affectaient pas l’ouvrage lui-même et, en particulier, ne le rendaient pas impropre à sa destination.

Le Conseil d’Etat juge au contraire « (…) qu’en excluant ainsi que la commune maître de l’ouvrage puisse rechercher la responsabilité décennale des constructeurs à raison des nuisances causées aux tiers par l’exploitation de l’ouvrage du fait d’un défaut de conception et d’exécution des travaux, sans rechercher si elles n’avaient pas pour conséquence d’empêcher le fonctionnement normal de l’ouvrage et, ainsi, de le rendre impropre à sa destination, la cour a commis une erreur de droit ».

L’affaire est renvoyée à la Cour administrative d’appel de Douai.


Flash info rédigé par Cyril PERRIEZ (élève-avocat), mis en ligne le 16 mai 2012