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Dans un arrêt du Conseil d’Etat en date du 17 avril 2012, n° 358495, le juge des référés a confirmé la légalité d’un arrêté municipal, qui interdisait la distribution et le colportage accidentel d’écrits de toute nature, de journaux, de brochures, de tracts, ainsi que la mise en circulation de pétitions aux jours et heures de marché, à l’intérieur de la halle et dans sa proximité immédiate.

Le Conseil d’Etat a rappelé que « l’atteinte à la liberté d’expression et la liberté de communication des idées et des opinions, qui revêtent le caractère de liberté fondamentales, est proportionnée dès lors que la mesure se concilie avec les exigences de l’ordre public et qu’elle est nécessaire et proportionnée à ces exigences. » (…).

Il a considéré ainsi, « que l’arrêté litigieux ne peut, même au regard des exigences particulières qu’impose la période électorale, être regardé comme portant aux libertés d’expression et de communication des idées et des opinions une atteinte grave et manifestement illégale ».

Pour ce faire, il précise que la mesure de police doit être limitée dans l’espace et dans le temps, en l’occurrence :

-          l’interdiction édictée par le maire ne s’applique que le mercredi et le samedi de 8 heures à 13 heures ;

-          elle est limitée à l’intérieur de la halle où se tient le marché, ainsi qu’au périmètre adjacent où des commerçants s’installent temporairement les jours et aux heures auxquels le marché a lieu ;

-          elle ne s’applique ni devant les quatre entrées de la halle ni aux abords immédiats des commerces temporairement installés à l’intérieur du périmètre adjacent à la halle ;

-          elle ne concerne pas non plus l’espace du périmètre ouvert aux commerçants temporaires mais non utilisé par ceux-ci.

Il souligne également que la mesure de police doit être strictement nécessaire et proportionnée aux exigences de l’ordre public et, à cet effet, il met en balance la stricte limitation dans le temps et les lieux de la mesure avec les nécessités de la commodité de la circulation du public à l’intérieur de la halle et des espaces du périmètre adjacent effectivement occupés par des commerçants.

Conseil d’Etat, juge des référés, 17 avril 2012, n° 358495


Flash info rédigé par Jean-Christophe LUBAC et Cyril PERRIEZ (élève-avocat), mis en ligne le 2 mai 2012